~~~~~~~~~~~~ CARNET DE ROUTE
~~~~Tadjikistan~~ 8 juillet - 3 août 2009
~~~~Tadjikistan~~ 8 juillet - 3 août 2009
Embranchement en pate d'oie sans indication : on choisit la route qui part directement vers le Pamir : une chaine de sommets enneiges a 25 km du village.

L'asphalte se termine, la piste caillouteuse commence a monter severe et les orages nous encerclent.
Des touristes allemands redescendent en sens inverse en voiture. Bien a l'abri, ils s'arretent nous questionner et nous encourager... leur guide Kirguiz nous offre du the chaud pour accompagner notre pain et nos sardines en boite ! Ah quel bonheur !
La frontiere Tadjik est juste de l'autre cote. Comme cette frontiere a ete retracee recemment, les douaniers logent et travaillent dans des containers en attendant les prochaines constructions.
2eme the, ils resortent des biscuits, du raisin... et on commence a discuter des possibilites de planter la tente dans le coin. Ils ne sont pas bien chaud - forcement, vue la temperature. Finalement ils nous proposent un container pour passer la nuit, un peu crade, bien froid, mais on est bien content d'attendre une meilleure meteo pour reprendre les velos.

Apres le col de la frontiere a 4200m, c'est un changement radical....des montagnes desertiques, parfois avec des paysages lunaires, des roches grises et noires, parfois avec des tons ocre, rouge, jaune, vert...de moins en moins d'herbe et pas d'arbre. On est surpris, on ne s'attendait pas a ca !
Les 'vrais villages', Karakul par exemple, une cinquantaine de maisons, sont a l'image du paysage : des blocs carres en terre, avec un toit plat, et de grands poteaux plantes
partout, des poteaux electriques, mais pas d'electricite ! L'absence de gens dans les rues complete cette impression d'aridite, ils sont tous partis dans les montagnes avec les betes.
Les paysages magnifiques se succedent, apres notre plus haut col a 4655m, une longue descente...il n'y a rien d'autre a faire que de tenir le guidon, a 30km/h, et d'admirer tout autour de nous ! On ne sait ou donner de la tete tellement c'est beau !
Le meme jour, nos 60km avales, on dejeune dans l'herbe au bord de la route. Un vieux monsieur, tres digne, et semblant tres cultive, arrive avec sa canne, il nous gronde gentiment "comment pouvez-vous manger ici alors que ma maison est juste derriere?"...on remballe donc notre pain et notre kefyr (quand je vous parlais de regime !), et on va chez lui 200m plus loin !
On aimerait lui rentrer dedans (ce qu’on fait malgre nous finalement!), le mordre, le frapper… on l’injurie a voix haute (qu'est-ce que ca fait du bien !), on s’enerve, on lui en veut. Avec toute l’absurdite que c’est que d’en vouloir aux elements naturels, aux choses qu’on ne maitrise pas…
Toute la journee, a chaque pause the dans une yourte ou une maison, Benoit se demene, avec son petit dictionnaire de russe et ses 2 mains, pour savoir si le vent va toujours dans cette direction, dans ce sens, d’ici vers la, de Khorog vers Murgab ?…rien n’y fait, ca semble depasser completement les gens qu’on interroge ! Ce discours de sourds fait sourire Albane…ca fait du bien d’etre a l’abri du vent meme si on l’entend se dechainer dehors et qu'il va falloir y retourner !
Une vallee dans laquelle le troc est important, car il n'y a pas d'argent pour payer le travail, et dans laquelle la majorite des personnes avec qui on en a parle preferaient l'epoque sovietique,



Une frontiere, avec des gens qui parlent la meme langue des deux cotes (Afghanistan et Tadjikistan),

Des villages de pierres et les maisons pamiries, les murs avec des branches epineuses pour les betes,
ousser les velos dans la grosse montee apres Langar
Vues de l'exterieur, elles semblent simples : des maisons carrees en terre, souvent sans fenetres, avec une toiture plate qui forme juste une bosse en partie centrale.
La famille de Tahrmina construit sa nouvelle maison a Shitkharv, un village de 500 habitants dans la wacan. Ils sont dehors, les mains dans la boue, pour recouvrir les murs exterieur. Ca ne les empeche pas de nous faire signe a notre passage pour prendre le the.
Faramuch et Tahrmina nous expliquent que les maisons pamiries sont construites selon des regles vieilles de plusieurs millenaires, autour de 5 piliers voues a Hassan et Hussein (de part et d'autre de l'entree), Ali, Mohamed et Fatima.



Entre les 5 piliers, c'est la fosse centrale au meme niveau que le sol exterieur. Tout autour, des piliers aux murs exterieurs, ce sont les banquettes surelevees d'une cinquantaine de centimetres. Elles servent pour dormir, cuisiner et s'asseoir en tailleur pour manger autour d'une table basse. Tout est recouvert de tapis, y compris les murs.
On n'a roule que 20 km ce matin, mais on accepte volontiers la dizieme invitation de Tahrmina pour rester jusqu'au lendemain.